Sophie Vendeville
Couverture du livre Kimchi, K-Pop, K-Beauty, la Corée du Sud vécue de l'intérieur, de Sophie Vendeville : une femme en hanbok et son chien devant les tours de Songdo

Bienvenue dans ma Corée

Kimchi, K-Pop, K-Beauty... Et si la Corée du Sud se cachait ailleurs, loin des clichés habituels ? Il y a tous les détails du quotidien, les codes que l’on apprend petit à petit, parfois après les avoir enfreints sans même s’en rendre compte…

C’est cette Corée que j’ai eu envie de raconter, pas celle d’Instagram ou d’un guide touristique. Et certainement pas celle d’une Française qui prétend avoir tout compris. Simplement mon expérience, mes étonnements, mes questions, mes découvertes, mes fous rires, agrémentés de données chiffrées et sociales, sur un ton bienveillant et humoristique.

Et si vivre dans un pays, c'était surtout découvrir tout ce qu'on ne vous avait pas dit ? Plus de trois ans à observer, questionner, lire, comparer... et surtout à essayer de comprendre. Vivre à l’étranger ne nous apprend pas seulement comment vivent les autres, cela nous oblige aussi à regarder autrement notre propre façon de vivre.

Au fil des chapitres

Ce que vous allez notamment découvrir

Portrait de Sophie Vendeville

L'auteur

Une vie entre les frontières

« Serial expat », Sophie Vendeville a vécu dans 19 villes, 6 pays, de la France à la Corée du Sud, en passant par la Suisse, les Pays-Bas, les États-Unis et le Canada. Après une carrière dans le marketing et la vente, elle devient entrepreneure et consultante.

Curieuse et pensant volontiers « out of the box », adaptable et résiliente, elle vit à 100 % tous ses changements où elle repart souvent à zéro.

De sa dernière expatriation est née l'envie de raconter ces petits chocs culturels, ces codes invisibles et ces situations du quotidien que les guides touristiques oublient souvent.

Elle signe aujourd'hui son premier écrit, une immersion pleine d'humour et de tendresse dans la Corée du Sud vécue de l'intérieur. Aujourd'hui, départ pour l'Autriche, où elle parlera peut-être un jour du schnitzel et de la valse.

  1. France10 villes, oct 1975 –⁠ mai 2008
  2. SuisseGenève, juin 2008
  3. Pays-BasLa Haye, juin 2014
  4. États-UnisNew-York, juil 2018
  5. CanadaMontréal, fév 2022
  6. Corée du SudSongdo, juil 2023
  7. AutricheVienne, sept 2026

Un livre, pas un guide

Cet essai n'explique pas la Corée du Sud comme un dépliant touristique rempli de bonnes adresses. Il la raconte comme on la vit vraiment, par petites touches, entre fous rires, incompréhensions, belles découvertes, chiffres et attachement sincère.

Un livre pour ceux qui aiment la Corée, ceux qui rêvent d’y voyager, ceux qui y vivent ou y ont vécu, et tous ceux qui souhaitent découvrir ce pays, derrière les images et les apparences. Parce que vivre ailleurs, c’est aussi réaliser que ce qui nous semble évident ne l’est pas forcément pour les autres.

Envie de continuer le voyage ?

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Extrait

Le chat

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le chat ne se laisse pas complètement voler la vedette par le chien en Corée du Sud. Les très populaires « Cat cafés » permettent d’ailleurs de passer un moment avec des félins, dans un cadre parfaitement organisé et aseptisé (désinfection des mains, chaussures retirées). Personnellement, je ne me suis jamais arrêtée dans l’un de ces cafés (désolé, je n’aime pas les chats…).

En revanche, pour comprendre et dans un souci de curiosité, j’ai consacré un peu de temps à la « Cat Fair », organisée à Songdo (organisée sur trois jours). Et là, j’ai découvert un univers insoupçonné. Première surprise de cette foire au chat. Déjà, il faut s’inscrire et donner tout le pedigree de votre bête à poil. L’hôtesse d’accueil a été très surprise lorsqu’elle a vu que je n’avais pas de chat et que je venais à ce genre d’évènement (au Palais des Congrès).

Alors dans cette foire au chat, tout est à vendre, sauf des chats en chair et en os. On réserve son futur ami ou membre de la famille en scrollant sur des pages et des pages sur internet. Moi qui pensais voir défiler les races préférées des Coréens, en chair et en moustaches, j’ai vite compris que ce salon était consacré à tout ce qui gravite autour du chat. Et l’imagination humaine semble ici sans limite. Nourriture sous toutes ses formes, distributeurs automatiques d’eau et de croquettes, litières aux graviers aux propriétés mystérieuses (sans doute capables de résoudre des équations trop complexes pour moi sur l’absorption de l’urine pour chat et la densité du gravier), brosses à poils (exactement les mêmes que la mienne, avec un logo cat brushing en plus) et jouets dont l’utilité me laisse parfois dubitative. Certains stands proposaient même des meubles design pour chats, si élégants que je me suis dit qu’ils iraient très bien chez moi (en les détournant leur fonction). Si on m’avait dit que c’était du mobilier félin, je ne m’en serais pas doutée.

Puis viennent les accessoires plus pointus comme les brosses à dents électriques à tête interchangeable (en gros la même que la mienne en modèle ultra-réduit), les sprays pour haleine fraîche (intrigant, quand les parfums principaux restent une déclinaison de poissons), stylos blancheur pour dents (no comment), les assiettes en porcelaine peintes à la main, les sacs de transport au design futuriste (le fameux sac à dos hublot qui permet à votre chat de voir tout ce que vous faites). Et c’est sans oublier la mode féline. Vêtements pour chat, dont la très tendance kimchi vest, petite veste sans manche au motif fleuri, charme rétro et petit air « campagnard », ou encore hanbok, la tenue traditionnelle coréenne, adaptée à la taille d’un chat. Bijoux, colliers, médailles, souvenirs à l’effigie de votre chat, médicaments, assurances santé… A ce stade, je pensais vraiment avoir tout vu. Jusqu’à ce stand de premiers secours pour chats. De grandes affiches expliquaient les premiers gestes à pratiquer (cas de fausse route de pâtée ou croquette ?), comment pratiquer le bouche-à-bouche (j’espère que le chat aura eu droit à un coup de spray bonne haleine avant !). Et pour ceux qui souhaitaient s’entraîner, un formateur guidait les volontaires à l’aide d’une peluche. J’ai vraiment passé un bon moment mais suis ressortie avec effarement et questionnement.

Extrait

La sécurité

S’il y a une chose véritablement très appréciable en Corée du Sud, c’est bien la sécurité ! C’est un pays où la criminalité est quasi inexistante, et la drogue y est strictement interdite. Pour réserver une table au restaurant, vous posez votre téléphone portable sur la table, vous pouvez sereinement aller vous laver les mains aux toilettes ou vous allez chercher votre commande. Vous prenez le métro tard le soir ? Aucun souci ! Inimaginable en France !

C’est un pays très sécurisé, très vidéo-surveillé, et on s’y habitue si vite qu’en rentrant en France, ou ailleurs, on perd ses vieux réflexes. Les hommes oublient d’enlever leur téléphone de leur poche arrière par exemple.

Si vous perdez malencontreusement votre portefeuille, avec toutes vos cartes de crédit, vos papiers et de l’argent, une personne bien attentionnée viendra vous le rendre, et il ne manquera absolument rien à l’intérieur. J’ai, un jour, ramassé un téléphone portable en pleine rue sur le passage piéton, avec une carte bancaire glissée dans la coque transparente, alors qu’une quinzaine de personnes avaient pris soin d’éviter de marcher dessus (sans pour autant se baisser pour le ramasser). J’ai interpellé une personne qui me semblait jeune, donc susceptible de parler anglais et lui ai confié le téléphone.

En général, les gens reviennent chercher à la même place, ce qu’ils ont oublié ou laissé tomber, comme au distributeur de billets. Un de mes amis s’est fait réprimander par la personne à l’accueil de l’agence bancaire alors qu’il rapportait des billets de banque oubliés sur le distributeur à côté. La personne lui a fait comprendre que ça ne se faisait pas en Corée et qu’il fallait remettre les billets exactement à l’endroit où il les avait pris et que la personne distraite reviendrait à un moment donné. Vous pouvez imaginer cette situation en France ?